24 juillet 2008
L'été sera cher
Allez, à peine 48 heures et ce sera le grand départ. Samedi matin, comme des millions de Français, nous allons rejoindre un lieu de villégiature à quelques centaines de kilomètres de chez nous, histoire de regarder le soleil sous un autre angle. Et comme nous avons à la fois du temps devant nous et pas mal de monde à voir, les sauts de puce vont se multiplier jusqu'à la mi-août. Finistère sud, Vendée, région toulousaine et Côte d'Azur, voilà le menu de notre long périple ! C'est sûr,on va en bouffer de l'autoroute, du kilomètre... et évidemment, par voie de conséquence, du plein de gazole.
Dans cette perspective, je ne peux que saluer le repli du baril de brut ces derniers jours. Après une hausse - pratiquement ininterrompue - de 150% au cours des 18 derniers mois, il était temps que ça cesse, non ? Même si, comme beaucoup, je pense que cette envolée a eu l'effet d'un électrochoc salutaire et a obligé tout le monde à poser enfin les bonnes questions sur les énergies de substitution, je reste persuadé que l'essentiel de la hausse a été orchestré par des spéculateurs. Or, toute bulle spéculative - on en a eu de nombreux exemples ces derniers temps - finit toujours par éclater. Et je crois que nous y sommes, n'en déplaise aux Cassandre qui nous prédisent un baril à 300 dollars avant 2010.
On nous dit que la hausse est due, majoritairement, à l'accroissement de la demande des pays émergents comme la Chine ou l'Inde, qui sont devenus comme par enchantement les plus gros consommateurs de la planète. C'est vrai, mais il faut voir dans quelles conditions ! Les habitants de ces pays ont perçu ces dernières années des subventions non négligeables (de l'ordre de 40 centimes d'Euro par de gazole et de 60 centimes par litre de super acheté, pour ne prendre que l'exemple de la Chine). Même s'il coûtait cher au gouvernement, ce système qui stabilise artificiellement les prix à la pompe, a permis un développement météorique du parc automobile, lequel voit aujourd'hui 10% de la population chinoise équipée d'un véhicule. Imaginons que cette proportion passe à 20% : les subventions mangeraient alors la totalité de la croissance du pays (7% au dernier pointage)... Autant dire que les autorités n'ont pas le choix : les subventions se réduisent comme peau de chagrin. Et les immatriculations de voitures se calment.
Bien entendu, il ne s'agit encore que d'un phénomène limité et provisoire. Mais pendant ce temps, l'industrie automobile s'organise vraiment et accélère la mise au point de ses alternatives (hybride, pile à hydrogène...). Dans quelques années, il roulera suffisamment de véhicules n'ayant pas, ou si peu, recours au pétrole pour que les spéculateurs changent leur fusil d'épaule (j'allais dire "pour que les mouches changent d'âne"). Et là, vous me croirez si vous voulez, mais je pense que le cours du baril reviendra à des niveaux qu'il n'aurait jamais dû quitter : entre 30 et 50 dollars. C'est encore très loin, tout ça, mais c'est mon pari, ou tout au moins le voeu que je formule. En attendant, à la faveur de quelques annonces bienvenues (comme la limitation drastique de la circulation et du fonctionnement des usines pendant les Jeux Olympiques à Pékin), le Brent est passé de 147 à 124 dollars en quelques jours. Pourvu que ça dure... au moins jusqu'à la fin de l'été.
21 juillet 2008
Entre hommes
Quelques jours déjà que me démangeait l'envie de gribouiller quelques lignes ici. Et que, début de vacances d'été oblige, mon emploi du temps n'y voyait (enfin !) plus d'objection. Ces pages sont pourtant restées vierges de toute nouveauté. Car rien de franchement nouveau n'aurait pu sortir d'un tapotage de clavier. Un restaurant ? Oui, nous avons dîné samedi soir au Juanita Banana, tout près de chez nous. Une jolie formule plat-dessert arrosée d'un Chinon très fruité qui m'a fait ronfler toute la nuit. Mais est-ce que ça valait un article ? Côté DVD, nous avons redécouvert avec délectation "Annie Hall" de Woody Allen, et je m'apprête à attaquer un bouquin d'entretiens de ce cinéaste fabuleux avec un journaliste américain qui l'a suivi pendant ses 40 ans de carrière. Mais est-ce que tout cela mérite d'être raconté ici ? Quant à ma joie d'avoir vu un pilote Renault terminer sur le podium d'un Grand Prix de F1... Il me semble qu'on a assez parlé de voitures ces dernières semaines, non ?
Enfin voilà, quoi, c'est simple à la fin. Ce que je voulais, c'était du "tout neuf", de la découverte totale. Eh bien j'en ai eu aujourd'hui. Avec mon fils. Une journée comme je n'en avais jamais connue auparavant. Il a suffi que le Croco ait un boulot urgent à finir. Concentration maximale obligatoire, besoin d'une disponibilité totale pour la dernière ligne droite et voilà papa-gâteau qui donne le bain, habille, berce, câline et occupe Martin dès que le miam-miam au sein maternel est terminé. En point d'orgue, une petite promenade dans le quartier, ponctuée d'une halte pour déguster un Orangina bien frais chez le glacier local. Il n'y a pas de mots, je crois, pour décrire ce qu'on ressent lorsque pour la première fois de sa vie, on sirote un verre à la terrasse d'un café, le regard posé sur son enfant qui dort paisiblement dans sa poussette. Tous les deux, père et fils, juste lui et moi. Eh oui, gamin, c'est ça aussi la vie. Parfois, on est bien simplement comme ça, entre mecs. Cherche pas à comprendre. C'est le papa qui enlève les petites roues du vélo, qui écoute Genesis, qui attend à la sortie des boums et qui gueule parce que Ribéry a vraiment fait une toile alors que le but était grand ouvert...
Mais on n'en est pas là. Pour l'instant, on remonte à l'appart, on se fait une séance télé (c'est fou ce bébé happé par l'écran), on rigole ensemble de la rediffusion d'Hélène et les garçons sur une chaîne de la TNT... Et déjà maman-Croco arrive, tout sourire car son projet est enfin bouclé. Elle veut voir son fils, le prendre tout contre elle et le couvrir de tous les bisous qu'elle a retenus de longues heures durant. Mais qu'elle se rassure : Martin, pendant son absence, n'en a pas manqué. Parole d'homme.
12 juillet 2008
Emerveille... Mans !
Quand on est passionné de sport automobile, avouer qu'on n'a jamais mis les pieds au Mans relève du suicidaire. Quoi ? Jamais assisté aux "24 heures", jamais foulé du pied ce circuit mythique où se sont illustrés les plus grands ? Bah non. Jamais. Désolé, pas fait exprès, mais c'est comme ça. Enfin, c'était comme ça.
Jusqu'à ce matin j'étais - je l'avoue sans honte - un parfait néophyte, un bleu. Mais cette tache dans mon CV est désormais nettoyée car ça y est, nous y sommes, j'ai fait la connaissance avec ce temple du cheval vapeur, ce Panthéon de la vitesse qui fait rêver toutes les générations depuis... des générations. Et ce qui me plaît dans tout ça, c'est que ma découverte, je l'ai faite en MG. Avec toute une collection d'amateurs venus d'un peu partout en France, animés par la même passion que la mienne. Et parmi eux, mes potes du Forum MG Contact, que je n'avais pour la plupart jamais vus, ou si peu, mais avec lesquels j'entretiens une correspondance aussi assidue que précieuse. Ce sont eux qui ont su me conseiller avant l'achat, me réconforter après ma première panne, me donner les meilleurs adresses pour les virées. Ah, que ça fait plaisir de déboucher une bouteille et de la partager de cette façon, à la santé des belles mécaniques !
Et Dieu sait qu'il y en avait à se mettre sous la dent, côté belles mécaniques. Belles carrosseries aussi. Au-delà des bolides de compétition pure, aussi monstrueux les uns que les autres, et des animations organisées pour petits et grands (la parade de gamins dans des mini-répliques était un feu d'artifice à elle toute seule), pas un seul parking, pas une seule pelouse n'était libre. Tous les clubs, mono ou multimarques, avaient envoyé leurs meilleurs représentants, et notamment les Anglais. Largement majoritaires dans les allées avec des exemplaires rares, bichonnés et parfaitement mis en valeur, ils n'en finissent plus de témoigner que leur Nation est celle qui voue à la voiture ancienne le culte le plus abouti. Et probablement le plus sincère.
Je reviendrai au Mans, c'est une certitude. En MG, en Volvo Amazon (oui, c'est elle la remplaçante que nous lui avons finalement désignée), ou même en simple piéton. Car la magie, elle, sera toujours là. Et les copains aussi.
01 juillet 2008
Mondialement célèbre
Une image explicite valant mieux qu'un long discours, je me contenterai aujourd'hui de vous remercier pour votre fidélité à ce blog. Alors même qu'il ne s'y raconte pas grand chose, vous êtes toujours un petit noyau d'habitués à venir régulièrement le parcourir. Les autres y atterrissent au détour de requêtes plus ou moins farfelues sur les moteurs de recherche. Mais ce qui est sûr, c'est qu'ils viennent vraiment de partout ! Regardez plutôt les statistiques de visite (100 derniers clics recensés)...
Eloquent, non ? Allez, c'est promis, dans les jours et les semaines qui viennent vous saurez tout, messieurs et mesdames les inconnus de San Francisco, d'Alger ou de Rome ! Tout sur le lieu de mes prochaines vacances, tout sur le coupé de collection sur lequel j'ai finalement jeté mon dévolu pour remplacer la MG, toutes mes impressions sur la suite de la saga Spellman... Ce blog est désormais mondial, et pour rien au monde je ne laisserais la planète orpheline de mes états d'âme !
26 juin 2008
Le plein de sensations
Ce mois de juin est, professionnellement parlant, l'un des plus "chauds" que j'ai connus. Beaucoup de dossiers sur le grill, beaucoup de kilomètres, des réveils plus matinaux qu'à l'accoutumée... et un stress omniprésent. Dans ces conditions, parfois, la motivation manque pour endosser le costume du salarié modèle. Mais comme partout, à de rares mais délicieux instants, il y a des compensations agréables. A l'instar de cette réunion de travail organisée à Magny-Cours, hier, et qui s'est achevée par un pur moment de bonheur : la découverte du circuit dans le baquet de droite d'une Ferrari F360 Modena !
Nous étions une vingtaine de privilégiés à avoir droit à ce cadeau, et pour la plupart il s'agissait là d'une grande première. Emprunter le tracé du Grand Prix de France de F1, poser ses roues là où sont passés les Prost, Schumacher, Alesi, Hakkinen, Alonso et consorts, ce n'est pas anodin. Alors imaginez lorsque ces tours de piste se font dans un monstre de 400 chevaux capable d'atteindre les 200 km/h en moins de 10 secondes...
De fait, ce qui m'a le plus impressionné n'est pas l'accélération, mais le freinage. Certes, le "coup de pied au cul", on l'a ! Mais c'est en bout de ligne droite (l'épingle d'Adélaïde pour les connaisseurs) que l'on se sent vraiment dans une voiture de course. Ajoutez-y les bruits de l'habitacle, cette sorte de cliquetis bizarre qui accompagne les changements de vitesse, le bruit caractéristique, rauque et tonitruant à la fois, du V12 qui vous hurle dans le dos... A titre personnel, j'ai beaucoup regardé les mains du pilote (Dimitri Enjalbert, un p'tit jeune sympa comme tout et évidemment bourré de talent). J'ai observé aussi les petits signes qu'il faisait à son équipier dans la voiture jumelle, celle avec laquelle nous étions censés "se tirer la bourre". En réalité, tout était millimétré, les trajectoires impeccables, les contacts avec les vibreurs aseptisés. Dans ce genre d'opération, pas question de faire peur au client, encore moins de froisser de la tôle ou même de fusiller un train de pneus. Eh oui, forcément, c'est pour ça que l'antipatinage n'avait pas été déconnecté...
Voilà. Il faut laisser la place aux autres. Mon coeur n'a cessé de battre la chamade, je me suis émerveillé de tout... mais 3 tours, bon sang, que c'est court ! Tant pis. Je reviendrai une autre fois. Et qui sait, allez, soyons fous et rêvons tout haut : peut-être que cette fois je pourrai prendre le volant ?
22 juin 2008
Trio au resto
Il faudra marquer ce jour de fête de la musique d'une croix blanche dans les tablettes de notre jeune famille. C'est en effet à cette occasion que nous avons fait notre première sortie au restaurant "à trois". Jusqu'ici, nous nous y étions toujours refusés, de peur qu'une envie de têter se fasse bruyamment entendre au beau milieu du repas et que toute la salle nous fusille du regard pour avoir rompu la tranquillité du lieu... Mais hier soir, point d'angoisse d'entendre surgir le cri qui tue. Déjà, le beau temps de la journée nous offrait l'opportunité de dîner en terrasse, mais encore la cacophonie des différents groupes qui quadrillaient la ville promettait de couvrir les pleurs éventuels. Enfin, le Croco pouvait parfaitement profiter d'un moment de répit entre deux plats pour nourrir l'affamé en lui offrant discrètement son sein.
Eh bien c'est exactement ce qui s'est passé. Un repas presque à la fraîche, presque au calme (quelques rockeurs disséminés non loin de là nous faisaient agréablement oublier les métalleux beuglants qui avaient investi notre rue), et savoureux en tous points. Une cuisine comme nous l'aimons : simple de conception, avec des produits connus mais joliment présentés et avec cette petite pointe d'originalité dans les associations. C'est ainsi, entre autres, que le tartare de thon choisi en entrée était agrémenté d'un coulis de betterave et d'un délicieux caramel, tandis que ma brochette d'agneau s'accompagnait d'une sauce au massala particulièrement réussie. Le tout arrosé d'un petit vin du languedoc que je n'hésiterai pas à commander à nouveau lors de notre prochaine visite...
Car c'est certain, nous reviendrons dîner chez "D'ici et d'ailleurs", petite table sans prétention mais dont les patrons savent recevoir (avec le sourire et l'humour qui achèvent de rendre l'atmosphère délassante). Un seul petit bémol : le temps d'attente entre les plats, un peu longuet mais dont on ne tiendra rigueur à personne, surtout un soir où on n'avait pas envie de rentrer chez soi !
D'ici et d'ailleurs, 54 rue Colbert, 37000 Tours. Menus du soir à 16,50 € pour deux plats et 22,50 € pour trois plats. A noter un large choix de vins au verre.
01 juin 2008
D'un blason à l'autre ?
On va encore dire que j'ai de la suite dans les idées. Ce n'est pas faux. Mais je préfère parler des vertus de la réflexion plutôt que de mon côté papillonnant qui se lasse vite de tout. Il est vrai que l'hiver dernier, la perspective de devoir renoncer à un roadster 2 places pour cause de naissance m'avait amené à envisager l'achat d'une grosse berline à la place. Seulement voilà, le modèle avec un grand coffre et un tempérament placide sur route, j'ai déjà. Parfaite, cette Mégane, pour emmener sa petite famille en vacances dans une atmosphère de salon roulant. Martin ne s'y est d'ailleurs pas trompé, qui à chaque voyage nous gratifie d'un gros dodo silencieux à souhait. Une première voiture idéale. Nous n'y reviendrons plus.
Bref, à vouloir acheter le clône de la Mégane, je faisais fausse route. Ma seconde voiture se doit d'être typée "fun", sinon elle n'aurait pas de raison d'exister. Et j'avoue que si - en dehors de la présence d'une banquette arrière - elle pouvait ne pas avoir les "défauts" de la MG, c'est à dire aimer un peu plus la pluie et accepter les longs trajets sur autoroute... ce ne serait pas un mal. Comprenons-nous bien, je ne me mets pas subitement à dénigrer celle qui m'a donné, plus d'un an durant, des sensations plus qu'enthousiasmantes. Mais les temps changent. Les envies aussi. Et les miennes, pour l'heure, sont à un peu plus de modernité. C'est ainsi que je commence, lentement mais sérieusement, à lorgner du côté de certains coupés sportifs des années 80/90, au permier rang desquelles les productions d'une firme bien connue à Stuttgart. Voici donc, à la couleur près, ce à quoi pourrait ressembler "la prochaine"...
Bon. Maintenant c'est à vous de réagir. Les puristes auront le droit de me dire "ce n'est pas une vraie Porsche, elle a un moteur à l'avant". D'autres enfonceront le clou en matraquant "pfff, c'est juste une voiture de frimeur". Et le Croco rajoutera la couche supplémentaire avec un "ce n'est pas une ancienne, elle ne nous ressemble pas" ! Au contraire, serez-vous de ceux qui me soutiendront en louant sa ligne indémodable, son caractère et son blason mythique ? Le vote peut débuter. Etant entendu que, même sans vous écouter, je peux encore largement changer d'avis...
30 mai 2008
Grands travaux
Séquence crise de rire aujourd'hui, au bureau, lors d'un moment de pause bienvenu au milieu d'une charge de travail plus que conséquente. La photo est peut-être déjà passée entre les mains (ou devant les yeux) de plusieurs d'entre vous, tant pis si c'est du réchauffé. Essayez simplement de vous demander :
1. Les poteaux sont-ils bien scellés ?
2. Comment vont-ils s'en sortir ?
3. Surtout, quand vont-ils s'en apercevoir ?
25 mai 2008
Maxime, purement et simplement
J'ai ouvert ce blog avec lui. C'était il y a six mois. A cette époque je ne savais pas encore qu'il préparait un nouvel album et que j'aurais l'occasion de lui rendre hommage une seconde fois. Mais Maxime Le Forestier a encore frappé. Et comme d'habitude, sa nouvelle contribution à la variété française, 8 ans après la précédente en studio, mérite qu'on fasse plus que s'y attarder. "Restons amants" est dans les bacs depuis lundi dernier et l'oreille critique du fan que je suis ne parvient pas à le prendre en défaut. Comme toujours, c'est musicalement inspiré, les arrangements sont somptueux et les textes valent leur pesant de cacahuètes. Maxime n'est évidemment plus le chanteur engagé de ses débuts mais sa vision du monde est toujours aussi intelligente, pleine de bon sens... En deux mots, pure et simple.
Il est vrai en revanche qu'on l'a connu plus original, le Max, tant dans les mélodies que dans les orchestrations. Mais quand on n'a plus rien à prouver à personne, que reste-t-il à tenter sinon de se faire plaisir ? Et il est évident qu'il en a eu, du plaisir, en faisant appel à M, Julien Clerc, Michel Amsellem, Alain Lanty pour composer ou jouer ses nouvelles chansons. Ou à Emmanuelle Béart pour le seul duo de l'album, "l'Hymne à la soie" qui a lui seul force le respect.
Il m'est arrivé d'être déçu par la première écoute de certains disques de Maxime Le Forestier. Peut-être parce que je les attendais avec trop d'impatience. Ou d'esprit critique. Rien de tout cela, cette fois. L'enchaînement des 4 premiers titres m'a carrément bluffé. Tout comme cette capacité qu'ont les grands artistes à savoir se renouveler sans cesse, à vivre avec leur temps, à faire les bons choix. Maxime, indéniablement, n'a pas perdu ce talent-là.
Je vais sûrement écouter en boucle "L'ère étrange", "Grain d'sel", "Tuer le temps", "Sur deux tons" ou encore "Empreintes", mes titres préférés, pendant un certain temps. Jusqu'au concert, au minimum. Oui, au Casino de Paris. Les places sont réservées, c'est pour le 15 novembre. Une bonne occasion de célébrer Maxime une troisième fois ? Quand on aime, on ne compte pas.
Maxime Le Forestier, "Restons amants", sorti le 19 mai chez Polydor-Universal.
22 mai 2008
L'enfer des Jeux
Ce n'est un mystère pour personne, le sport est roi en été. A la télé notamment. Ça commence par Roland Garros, ses courts bâchés sous la pluie, ses balles neuves, Bruel et Belmondo omniprésents à l'image. Puis on passe au Tour de France cycliste, ses bidons d'EPO, ses chutes collectives et son inénarrable finish aux Champs-Elysées. A peine une semaine de répit et on enchaîne sur des championnats natation, avant de finir par une salve de meetings d'athlétisme... Eh bien, si vous détestez le sport et enragez à l'idée que le coût de votre redevance télé soit la conséquence de cette frénésie de compétition télévisuelle, faites-vous une raison : cette année, en plus de tout ce que j'ai détaillé ci-dessus, vous allez pouvoir vous goinfrer, dans l'ordre, le championnat européen de football et - en point d'orgue - les Jeux Olympiques ! En revanche, si vous aimez vraiment ça et que votre budget vacances ne vous permet pas d'aller lézarder sur les plages, vous aurez largement de quoi occuper vos journées sur toutes les chaînes.
Bon, OK, j'ironise. Mais je serai sûrement devant mon écran ces prochaines semaines. Et je n'oublie pas non plus qu'adolescent, j'adorais ces déferlantes estivales. Entre deux Grands Prix de F1, je m'enthousiasmais pour tout ce qui, de près ou de loin, mettait au prises des champions. Je me souviens de l'empoignade féroce entre John McEnroe et Ivan Lendl en finale de "Roland" en 1986, de ces 8 secondes qui firent défaut à Laurent Fignon pour gagner la Grande Boucle 1989. J'ai passé mon été 1984 à vivre la nuit, pour voir Carl Lewis décrocher ses 4 médailles d'or aux J.O. de Los Angeles qui virent aussi le sacre de Pierre Quinon au saut à la perche et celui de l'équipe de France de football (victoire contre le Brésil - eh oui, déjà ! - par 2 à 0)...
Je crois que ce sont vraiment les "Jeux" qui m'ont laissé les souvenirs les plus indélébiles. Au-delà des performances pures, individuelles ou collectives, c'est dans ces moments que j'ai senti mon coeur battre, que j'ai ressenti la tension, la peur. Peur pour un athlète venu pour représenter son pays, se montrer au monde, défendre crânement ses chances, quel que soit son niveau... et qu'un engouement insoupçonné nous pousse à soutenir, alors même qu'on ne connaît rien de lui, qu'on n'a même pas idée de tout ce qu'il a déjà dû faire pour en arriver là. Seulement voilà, parce qu'il porte un drapeau tricolore et qu'il a une tête sympa, on est à fond avec lui. Croisée des chemins entre les valeurs de l'olympisme et la glorieuse incertitude du sport qui propulse les uns au sommet et jette les autres dans l'oubli. Aux Jeux Olympiques, il n'y a pas de supporters, il n'y a que des patriotes.
Cet été 2008, les Jeux Olympiques se déroulent en Chine, pays où les droits de l'Homme mériteraient un meilleur sort. De nombreuses langues se sont déjà déliées, de nombreuses pages ont été noircies un peu partout pour le regretter. Moi, je n'aurai qu'une chose à dire : que le seul vainqueur de toute cette agitation, justifiée ou non, soit le sport. Et que le spectacle offert par les Seigneurs des anneaux (olympiques), à nous, téléspectateurs gavés de compétitions en tous genres, soit tout simplement beau.





















