S'il est un cinéaste en France qui ne laisse pas indifférent, c'est bien Claude Lelouch. Voilà quelqu'un dont je n'ai jamais entendu dire, pas plus qu'à propos de ses films d'ailleurs, "il n'est ni bon ni mauvais". Non. On adore Lelouch ou on le déteste. Soit on porte aux nues son imagination bouillonnante, sa façon si particulière de placer sa caméra, la vérité de ses dialogues, soit on est affligé par sa tendance au recyclage et on peste contre sa manie de tourner autour de ses acteurs quand il n'a plus rien à leur faire dire. C'est un fait, celui dont un critique avait voulu signer l'arrêt de mort, en 1960, en écrivant "Claude Lelouch, retenez bien ce nom, vous n'en entendrez plus jamais parler" a toujours eu autant d'inconditionnels que de détracteurs.

lelouch

Vous l'aurez deviné, moi, je suis plutôt fan. Pas de tout, évidemment - il faudrait déjà que j'aie pu voir toute la filmographie du monsieur - mais de la plupart de ce qui m'est passé devant les yeux. Alors évidemment, quand se présente l'occasion de voir ou revoir un Lelouch, je signe sans hésiter. Un récent et bref passage dans une boutique à quelques centaines de mètres de chez nous, m'a mis nez à nez avec trois DVD si peu chers que j'ai immédiatement dégainé ma carte bancaire... Place au visionnage !

viva_la_vie"Viva la vie" (1984) a ouvert le bal il y a quinze jours environ. C'est le seul que j'avais déjà vu, il y a plus ou moins... 20 ans. A l'époque, j'étais un ado que la science fiction fascinait pas mal, et je me souviens que le scénario m'avait carrément bluffé. Bon. Il faut croire que j'ai mûri... Je n'ai pas été enthousiasmé comme je m'étais préparé à l'être. L'idée d'inventer, en pleine guerre froide, une menace extra-terrestre pour encourager les deux blocs à ne pas appuyer sur le bouton, ça fait sourire ! Mais le film n'en reste pas moins intéressant, ne serait-ce que par le casting époustouflant, le jeu des acteurs et la finesse des répliques.

hasards"Hasards ou coïncidences" (1998) la semaine dernière. Comme de coutume chez Lelouch, c'est l'histoire d'une rencontre. Un faussaire menant grand train séduit une jeune femme divorcée et mère d'un petit garçon. Le couple devient vite inséparable, jusqu'à ce qu'un tragique accident emporte l'amant magnifique et le fils adoré. La seconde partie du film raconte comment le fait de guérir d'un tel coup du sort ne tient qu'à un fil. Parti pris original, de très belles scènes, une esthétique très travaillée et comme de coutume, des acteurs impeccables. On y croit à 95%, ce qui laisse de jolis souvenirs...

a_nous_deux"A nous deux" (1974) en clôture, hier soir. L'une des rares confrontations entre Catherine Deneuve et Jacques Dutronc au cinéma. De la trilogie, c'est celui qui nous a le plus touchés, Aurélie et moi. Très construit, il ne s'éparpille pas dans tous les sens, ne fait pas la part belle à des flashbacks incessants. On est de tout coeur avec ces deux écorchés vifs qui, devenus hors la loi pour des raisons aussi différentes que justifiables, tentent d'échapper à la police en étant obligés de se faire confiance l'un l'autre. Et on espère très fort qu'ils trouveront le salut...

Voilà, j'ai eu mon quota, et je pense qu'il est bon d'avoir encore quelques "leloucheries" à découvrir pour les années qui viennent. Inverseront-ils la tendance ? Pas facile, car après cette trilogie, je me sens bien installé dans le camp de ceux qui aiment.