Il aura fallu six mois pour que je m'en aperçoive. Comme ça, d'un seul coup. En jetant un coup d'oeil par la fenêtre du métro aérien. Place Denfert-Rochereau, l'angle de la rue de la Glacière,  le boulevard Vincent Auriol... Ils défilaient paisiblement, presque blancs sous le froid soleil du jour, avec leurs passants qui passent, leurs grilles autour des arbres et leurs voitures garées en double file un peu partout. C'est là que j'ai eu le flash. Je ne vis plus à Paris.

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Non, je ne vis plus à Paris. Je n'y suis qu'en transit, en correspondance entre deux trains. Une correspondance qui dure 10 heures certes, mais que je passe dans des bureaux, des salles de réunion, au mieux un auditorium les jours de "grand-messes" où nous convoquent les huiles de la boîte et où on sort sa plus belle cravate. Mais des trajets dans Paris, je n'en fais plus aucun. Mon rayon d'action, c'est une bulle. 100 mètres autour de la gare Montparnasse, point barre. Voilà. Il a fallu qu'aujourd'hui, les grands patrons organisent une réunion dans le quartier de Bercy pour que je me remette à "bouger" dans la Capitale. Pour que j'en redécouvre la singularité, l'unicité, la folie peut-être, qui m'ont fait l'aimer, la défendre envers et contre tous, ne voir que par elle, passionnément, pendant 15 ans. Au point de croire que je ne la quitterais jamais.

Et puis je l'ai quittée quand même. En pesant suffisamment le pour et le contre et en me laissant le droit de changer d'avis. Cela n'arrivera pas. Je suis tellement heureux de disposer ici, à Tours, de tout ce qu'offre Paris (boutiques, spectacles, restaurants...) sans avoir à en subir les inconvénients (embouteillages, loyers prohibitifs et places de parking inexistants) ! Mon quotidien est bien plus agréable à présent.  Avec de la place autour de moi et de l'argent en plus. Pour autant rien n'a disparu, la ville est toujours là, qui s'offre à nous pour toutes les redécouvertes, toutes les nostalgies. Qu'il est agréable de se dire qu'un jour, si l'envie nous prend, nous pouvons faire comme tout le monde et décider de "monter à Paris". Et de s'y promener, avec ce mélange d'émerveillement et de candeur, comme si c'était la première fois...