N'en déplaise à la ménagère de moins de 50 ans, il me semble de plus en plus évident que nous disposons, en France, de l'une des télévisions les plus qualitatives du monde. Aucune ironie dans mes propos, c'est un constat honnête et sans complaisance que je fais ici. Je ne suis pas un gros consommateur de petit écran, par rapport à une certaine époque de ma vie en tout cas. Mais dans ce que je vois, il y a tout de même suffisamment de choses qui me font dire que j'ai de la chance. Celle d'avoir un service public qui, tout en sacrifiant au modèle économique actuel (financement par la pub, jeux et séries importées des pays anglo-saxons, etc...) parvient à maintenir une vraie différence avec les chaînes privées.

galerie_des_glaces Abou_Simbel

Mon propos est sans doute amplifié par ma récente lecture du livre de Michel Drucker - comme on pouvait s'y attendre, il y rend un vibrant hommage à son employeur France Télévisions - mais le fait est que le fossé est de plus en plus grand entre le public et le privé. Là où TF1 rembourre le temps de cerveau disponible de son téléspectateur avec des fictions mal écrites et éloignées de toute réalité, France 2 (pour ne citer qu'elle) tente d'apprivoiser les Français avec des programmes culturellement bien plus riches. On aime ou on n'aime pas, mais force est de constater qu'il y a un réel effort, une réelle volonté de ne pas donner n'importe quoi à manger à celui qui paie sa redevance. Il n'y a que sur cette "télévision d'Etat" que sont installées, en première partie de soirée, des émissions comme "Des racines et des ailes", "Thalassa" ou "Vu du ciel"...

C'est cette semaine que ma prise de conscience a été totale. Contraint de consommer de l'étrange lucarne (la température de la maison n'était vraiment supportable qu'auprès de la cheminée), j'ai pu mesurer la différence. Constater que "Combien ça coûte" est aussi intéressant qu'un verre d'eau tiède, par exemple. Mais le pompon, c'était jeudi soir. Face à l'inébranlable mais "bankable'" Corinne Touzet qui a certainement fait exploser les compteurs de Médiamétrie, France 2 avait choisi de programmer un docu-fiction sur la construction du château de Versailles sous le règne de Louis XIV. Un truc résolument bien foutu, documenté, plutôt pas mal interprété par des acteurs pour la plupart inconnus mais crédibles. A la suite de ce "prime time", là ou Bouygues-TV nous sortait un best of de "La méthode Cauet", le service public nous entraînait "Sur les traces de Ramsès II", narrant les découvertes de Giovanni Belzoni, explorateur au parcours étonnant qui découvrit au début du XIXème siècle plusieurs trésors de l'Egypte ancienne. Avouez qu'il n'y avait pas photo...

fugueuses

Oui, il faut défendre la télévision publique. En être fier. Et la regarder, évidemment. Ce que je ferai ce soir, notamment, pour la dernière représentation de "Fugueuses", la pièce de théâtre interprétée par Muriel Robin et Line Renaud. Retransmise en direct comme le fut, il y a quelques semaines, un Feydeau avec Arditi et Berléand. Voilà ce qu'on aime à la télé. Voilà quel est son rôle. Et tant pis si Benjamin Castaldi et Nikos Aliagas ne sont pas contents.