Que la musique me soit un art familier, que sa consommation quotidienne soit indispensable à mon bien-être, les visiteurs de ce blog l'auront sans doute compris. Ils ne savent probablement pas, en revanche, que j'ai songé un temps à en faire mon métier. Cela fait un bail, je le concède. A une époque où j'avais d'ailleurs une ambition équivalente pour écrire des romans, monter sur les planches ou présenter le journal télé. Vous savez ce que c'est, quand on est jeune, tout semble possible pour peu qu'une famille et des amis sincères nous assurent qu'on a du talent...

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Seulement voilà, pour vivre de ce talent, pour exploiter vraiment cette prédisposition pour la composition musicale et espérer connaître grâce à elle - oh oui soyons fous - la gloire et l'argent, il aurait fallu consentir quelques sacrifices. En un mot : travailler.  Incompatible avec mon coeur d'adolescent indécis et ma flemmardise légendaire ! Mais ne pas faire carrière ne supposait pas non plus de tout arrêter. L'apprentissage du solfège, mes 10 années de piano classique ne pouvaient pas rester inutiles. En refermant mes partitions, j'ai découvert un nouveau plaisir : celui du type qui se débrouille juste assez pour passer de belles soirées entre copains, en reprenant ou en arrangeant de vieux tubes.

Pendant plus de 20 ans, je me suis donc amusé ainsi. En parallèle, je suivais à distance les infinies possibilités offertes par l'informatique et, plus proche de nous, le numérique. Sans doute me suis-je dit plusieurs fois, intérieurement, que les choses avaient bien changé. Que ce qui était interdit à la fin des années 80, à un amateur dépourvu de technique, était désormais du domaine de l'accessible. Et donc qu' il ne serait pas utopique d'installer chez moi, sans même avoir à faire beaucoup de place, de quoi composer, programmer et graver tout ce qui me passerait par la tête...

Eh bien croyez-le ou non, Aurélie l'a entendu. Et elle n'a pas mis longtemps pour y répondre. Sous le dernier sapin de Noël, m'attendait un synthétiseur Yamaha DX7, la "Rolls" des claviers qui donna naissance à une belle tripotée de tubes dans les années 80-90 ! Touché. En plein coeur. Ce petit bijou, que j'avais pu essayer à l'occasion de l'enregistrement d'une maquette, n'avait pas pris une ride. Et les sons proposés encore moins. L'envie de composer est évidemment revenue dans la seconde...

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Quelques semaines plus tard, c'est un véritable petit studio d'enregistrement qui est en passe de se monter à la maison. L'ordinateur portable (délaissé depuis que le Croco a investi dans un écran 17 pouces) vient de trouver sa reconversion naturelle. L'indispensable logiciel de programmation dernier cri et les câbles de raccordement appropriés ont été dénichés et commandés sur e-bay. Il ne manquera bientôt plus rien à ma nouvelle panoplie de musicien. Pas même le casque qui préservera bébé et voisins de mes envolées créatrices...