Ces Américains sont décidément très forts. La grève des scénaristes qui a paralysé, pendant de longues semaines, le tournage de toutes les séries à succès que produit Hollywood, aura finalement eu autant d'effet sur notre "temps de cerveau disponible" qu'un pet de lapin dans une forêt tranquille. Fins alternatives dans les tiroirs, épisodes reportés sur la saison suivante... Il aura suffi de prendre son mal en patience. A l'exception - si j'ai bien tout compris - de la saga "Heroes" dont l'écriture a été totalement abandonnée, tout le monde est sain et sauf. "Desperate Housewives", "Lost" et autres vaches à lait planétaires reprennent progressivement du service, pour le plus grand plaisir des accros. Dont je fais partie. Même  s'il faut encore en passer par du téléchargement sauvage.

En attendant, il a tout de même fallu s'occuper. Trouver des palliatifs pour les soirées hivernales. La machine à acheter des DVD a donc fonctionné à une fréquence aussi régulière que soutenue ces dernières semaines, nombre de revendeurs entretenant cette fièvre acheteuse en pratiquant des tarifs plus qu'alléchants. Seulement voilà, quand on accepte de payer 5 euros un film dont le titre nous rappelle vaguement une lointaine sortie en salles et qui n'a jamais, depuis, été valorisé dans le CV des acteurs qui l'ont tourné, on s'expose à de très mauvaises surprises. Je vous ferai grâce des titres de ces épais nanars. Plus intéressant est le recentrage que nous avons choisi pour que nos soirées reprennent un peu de lustre.

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Un recentrage vers la télé. Et principalement sur M6. Oui, je sais, ce n'est pas la chaîne du "mieux disant culturel" mais il faut reconnaître que la programmation est parfois assez bluffante. Témoin cette nouvelle série, baptisée Cellule identité qui officie en prime-time le mercredi soir. A la lecture du pitch (une équipe de superflics est chargée de reconstituer les circonstances de meurtres dont les victimes n'ont pas d'identité connue) on peut quand même avoir peur : les créateurs semblent avoir voulu imiter "Les Experts" et on se dit qu'avec les moyens en moins, la crédibilité du concept risque d'avoisiner le zéro. Pourtant, passés le générique (très high-tech) et les premières images (des enquêteurs sapés comme pour aller à un cocktail de mariage branché descendant d'une Audi A3 flambant neuve), on se prend au jeu. Celui des acteurs d'abord, étonnamment justes, y compris les petits rôles - un phénomène rare pour une série française.  Ensuite, on apprend à apprécier les traits d'humour des personnages, qui ont tous leurs petits travers et ne manquent pas de se chambrer allègrement les uns les autres. En bref, on accrocherait même si l'intrigue s'avérait un peu légère. Or elle ne l'est pas. Les scénaristes sont objectivement imaginatifs et l'on sent bien que leur documentation est de qualité. Bien sûr, des invraisemblances subsistent ça et là, mais c'est pour la bonne cause : celle de l'image (souvent agrémentée de petits bruits informatiques bon ton).

Pour finir, une réalisation inspirée et une musique pas désagréable du tout, achèvent de donner à cette nouvelle série un charme que les autres productions hexagonales sont loin d'avoir. C'était en tout cas mon avis après les 4 premiers épisodes et je serai devant M6 ce soir pour découvrir si les deux prochains, diffusés à partir de 20h50, sont du même tonneau. Si c'est le cas, je militerai pour qu'il y ait une suite aux 12 que la chaîne a mis en boîte. Il serait dommage qu'une série policière bien ficelée et inventive soit sacrifiée sur l'autel du Dieu audimat...

Cellule identité, tous les mercredis sur M6 à 20h50. Avec Anne Suarez, Mathieu Delarive, Antoine Chappey... Réalisation : Stéphane Kappes.

Edit : Eh bien voilà, il suffisait de le craindre pour que ça arrive. Consultation de la grille des programmes, bande annonce sur l'écran, et le verdict tombe : M6 propose ce soir une autre série récurrente et nous refait le même coup la semaine prochaine en avançant "La nouvelle star" d'une journée. Est-ce la fin de "Cellule identité" ? On voudrait tuer la série que l'on ne s'y prendrait pas autrement.