Cette fois ça y est, tous les experts le reconnaissent : le marché de l'immobilier est à l'aube d'un nouveau cycle. Finie la hausse vertigineuse et ininterrompue de ces 10 dernières années qui a vu les prix flamber, sans distinction, au centre des grandes villes comme dans les campagnes. Les Français ont atteint, semble-t-il, la limite de leur taux d'effort et les banques ne peuvent plus se permettre d'accorder des prêts quasiment à perte. Ceux qui imaginaient que les arbres pouvaient monter jusqu'au ciel en sont pour leurs frais, 2008 sera probablement l'année du retournement.

De là à anticiper l'ampleur de ce dernier, à matraquer qu'il s'agira d'une simple stabilisation ou au contraire d'un méchant reflux, il y a un pas que je ne veux pas franchir. J'ai lu, par-ci par-là, des analyses qui prévoient - d'une manière générale - une légère érosion de 3 à 5% par an jusqu'à 2010. C'est le cas de l'enquête de L'Express, dont le numéro de cette semaine balaie, région par région, les tendances observables en ce moment. D'autres, plus alarmistes, imaginent une décrue sur au moins 10 ans qui ramènerait le marché 40% plus bas que son niveau d'aujourd'hui. Ce n'est pas très sympa pour mes amis (nombre d'entre eux viennent justement de faire leur entrée dans le club des primo-accédants) mais j'espère que si baisse il y a, elle sera tangible et rapide... Car pour le moment, c'est clair, ça ne passe pas !

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Bon. Il est vrai que, comme tout le monde, nous sommes un peu à la recherche du mouton à cinq pattes. Enfin non, car ce type de bien existe, nous en louons un depuis juillet dernier ! Un appartement de 100 mètres carrés avec trois chambres, une belle pièce de réception, une grande cuisine, plein de placards partout, un cellier, une buanderie... le tout au dernier étage d'un immeuble de caractère en plein centre de Tours. Seulement voilà, ce genre de truc pour 200 000 euros, tu rêves ! Problème insoluble. D'une part mon employeur n'a pas prévu de doubler mon salaire dès le mois prochain, et d'autre part le Croco et moi ne sommes prêts à faire de sacrifice ni sur la surface, ni sur l'emplacement. Que faire sinon attendre ?

Attendre qu'une mutation m'éloigne définitivement de Paris, et par là même de la nécessité d'habiter près de la gare... Que notre statut de jeunes parents ait raison de nos envies de spectacles et de restaurants "au pied de chez soi"... Que le climat tourangeau nous refile le virus du jardinage... Qui sait ? Nous pourrons alors lorgner sur une petite maison en vieilles pierres, son bout de terrain et ses arbres fruitiers dans un hameau perdu à 15 km d'ici. Mais tout ceci est une autre histoire...