Ce dimanche referme deux semaines de compétition olympique, 15 jours de sport tous azimuts qui auront vu les représentants français alterner le pire et le meilleur. Comme d'habitude, en somme. Les journalistes monopolisant les antennes auront pu s'en donner à coeur joie pour parler de "terribles déceptions" et de "fantastiques surprises" réservées par les tricolores, tandis qu'au tableau des récompenses, le coq gaulois engrangeait tout de même 40 médailles. Un bilan dont notre "petit pays" n'a pas à rougir, même si celles obtenues dans le plus précieux métal sont sensiblement moins nombreuses qu'aux précédents J.O.

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Il en est une cependant que, sans être chauvin pour deux sous - pour moi, peu importe la nationalité des meilleurs pourvu qu'ils nous offrent un spectacle de qualité - je suis très satisfait d'avoir vue tomber dans l'escarcelle des Français. C'est la toute dernière, celle des handballeurs, décrochée ce matin face à l'Islande. Voilà un titre qui fait plaisir ! Qu'on le veuille ou non, si la performance d'un homme seul peut être belle et saluée à sa juste valeur, lorsque la victoire est celle d'un collectif, cela prend une toute autre dimension. Or voilà - je m'en suis déjà ouvert ici - en France, sport d'équipe ne rime qu'avec foot. Oh, le rugby tente bien de tracer sa route, mais c'est au prix d'une professionnalisation qui voit aujourd'hui, comme en ballon rond, les joueurs se faire payer des fortunes pour aller, entre deux matches ratés, faire la retape des rasoirs jetables Kikoup à la télé...

Les handballeurs, eux, sont animés d'un tout autre état d'esprit. Soudés autour de leur entraîneur, portés par la passion d'un sport et non par une stratégie de carrière. Les mecs se font plaisir, et ça se voit. Alors quand, en plus, ça veut rigoler... Deux titres de champions du monde, un autre de champions d'Europe, et maintenant une médaille d'or olympique. Ça y est, des "Barjots" aux "Experts", ils auront tout gagné.

J'ai suivi la finale à la radio, ce matin, sur la route d'Amboise où je rejoignais mes potes amateurs de voitures anciennes. C'était dur de ne pas avoir d'images à se mettre sous les yeux (et surtout de se taper les commentaires beuglants de RMC) pour accompagner les Bleus dans leur ruée vers l'or. Mais peu importe, j'ai applaudi quand même au coup de sifflet final. Fier, évidemment, mais aussi soulagé. Soulagé que ces 15 gars, avec leurs tripes, aient pu démontrer que les jeux de mains n'ont vraiment rien de vilain.