Vous savez quoi ? Demain soir, je serai riche. Mais attention, pas juste riche pour m'acheter le dernier coupé à la mode, ou même pour le loft avec terrasse que j'ai vu dans la vitrine d'une agence immobilière tout à l'heure. Non, riche. Vraiment riche. Millionnaire, quoi. A la tête d'un pactole qui mettra à l'abri du besoin toute ma famille pour plusieurs générations. Et vous savez pourquoi ? Parce que je vais gagner au loto.

Et donc oui, je vais jouer. Aller au bureau de tabac retirer un bulletin, cocher mes numéros, faire valider la grille, et enfin attendre l'heure du tirage pour le regarder à la télé. Oui, jouer. Moi qui ne joue jamais, d'ordinaire, habitué à constater que lorsque je m'en remets au hasard, au pur hasard, ce dernier ne m'est jamais favorable. Machines à sous, tickets de tombola, piochages de lettres dans un sachet de Scrabble... C'est comme ça depuis que je suis né. Sans être quelqu'un de franchement malchanceux dans la vie (loin de là), j'ai pu vérifier que même quand ma probabilité de gagner est d'une sur deux, ça ne tourne jamais de mon côté.

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Pourtant je répondrai présent demain, jour de la mise en place d'un nouveau système pour le plus célèbre et le plus lucratif business de la Française des Jeux. Des cagnottes plus grosses, des gains plus fréquents et plus de jours de tirages dans la semaine, voilà le "package" annoncé à grand renfort de pub sur toutes les chaînes. Et pour couronner le tout, on pourra commencer à toucher à partir de 2 numéros au lieu de 3. Ah, bah c'est sûr, avec ça, on est tous certains de se payer un voyage aux Maldives ! Revers de la médaille, la mise initiale sera plus élevée qu'aujourd'hui et il ne subsistera plus qu'une chance sur 19 millions (contre 14 aujourd'hui) de décrocher le pactole suprême.

Mais peu importe, puisque de toute façon il sera pour moi, ce pactole. Sincèrement, depuis le temps que je reste spectateur, que je laisse les autres s'enrichir sans broncher, il me semble parfaitement normal d'avoir ma part du gâteau. Et puis ce sera tellement bon de me pointer en slip et chaussé de palmes dans un Comité de Direction de ma boîte, pour entonner "Au revoir Président" !

Quoi, je rêve ? M'en fous. Dites ce que vous voulez, demain soir, je suis riche...