Il a dit qu'il resterait. Qui ça ? Paul Le Guen, l'entraîneur du PSG. Vous savez, le mec dont l'équipe s'enfonce chaque jour un peu plus au classement du championnat de France de football - la voilà désormais 18ème et donc en position de relégable. Eh bien lui, il ne veut pas partir. Il va se battre pour trouver des solutions. Waow, ça c'est parlé ! Une belle preuve de courage qu'il nous donne, le gars Le Guen. Une belle preuve d'obstination. Ou d'aveuglement, c'est selon. Mais tout le monde sait qu'il n'y a pas plus têtu qu'un breton.

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Je vous dis ça parce que j'ai eu l'info sur la page d'accueil de Yahoo, tout à l'heure.  Je n'avais rien demandé. Mais sur internet comme partout (la radio et surtout la télé), pour échapper au foot, il faut le vouloir très fort. Quand ce n'est pas le match lui-même, c'est une analyse, un tirage au sort, une interview... ou une pub. Monopoly. J'ai toutes les cases, tu passes dessus, t'en bouffes. Il faut croire que cette omniprésence est une bonne chose, qu'elle va dans le sens de l'Histoire, puisqu'il y a chaque jour plus d'adeptes. Dommage, je n'en fais pas partie.

Comprenons-nous bien, je n'ai rien contre le ballon rond. Ni contre ses supporters, ses coupes d'Europe, ses marchés des transferts. Je ne m'offusque pas qu'on achète ou vende des joueurs comme du bétail, qu'on les paie des sommes astronomiques et qu'ils épousent des Spice Girls. Non. Ce qui m'énerve, c'est de me retrouver à table avec des collègues de travail, par exemple, et de ne rien capter à leur conversation. Ils ont tous regardé, la veille, le 16ème de finale de la Ligue des Champions où Lyon n'a pas réussi à battre le Barça à domicile. Ils se perdent en conjectures pour savoir combien de but les Lyonnais devront coller aux Glasgow Rangers pour se qualifier. Et ils citent des tas de noms de joueurs que j'aurais volontiers associés à une marque de lessive ou à un personnage de dessin animé. Vous me direz que ce n'est pas si grave. Que si. Parce que le lendemain, rebelote, il y en aura toujours un ou deux pour déblatérer sur les éliminatoires de l'Euro 2008 ou sur les recrutements de l'OM.

Bien entendu, je force le trait. Mes potes ne sont pas dingues au point d'enquiller 3 matches d'affilée tous les soirs et de dévorer les pages foot de "L'Equipe" dès qu'ils mettent les pieds dans le métro. Et surtout, ils ne jouent pas eux-mêmes ! Imaginez le type à ce point passionné qu'il va à l'entraînement le lundi, mate une redif du championnat anglais sur ESPN le mardi, se goinfre la soirée spéciale Ligue des Champions sur TF1 le mercredi, retourne à l'entraînenment le jeudi, lit "France Football" (en intégralité) dans le lit conjugal le vendredi et, apothéose, affronte avec ses 10 équipiers l'ASPTT Monchy-saint-Eloi le samedi, à 14 h 30, pour le maintien en National IV...

Loin de moi l'idée de me moquer. Chacun sa vie, chacun ses pôles d'intérêt. N'empêche, c'est fou le temps qu'on gagne, c'est fou le nombre de choses qu'on peut faire... quand on est loin de la planète foot.