Si tous les enfants d'artistes célèbres n'ont pas la carrière de leurs glorieux géniteurs, il faut reconnaître que ceux qui y parviennent ne le doivent bien souvent à rien d'autre qu'à leur talent. Nouveau venu sous les feux de la rampe dans la catégorie "fils de", Thomas Dutronc nous démontre à 34 ans, avec son premier album "Comme un manouche sans guitare", qu'il mérite tout le bien que les médias pensent de lui. Interprète mais aussi auteur et compositeur de la plupart des chansons de cet opus, c'était déjà un gage de qualité... Mais il n'y a pas que ça.

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Première divine surprise : le disque s'ouvre par un titre saisissant, "Jeune, je ne savais rien", aux percussions bien tranchées où l'on croit reconnaître la marque de fabrique de papa Jacques, ce timbre de voix si unique qui fit les beaux jours des sixties, façon "J'aime les filles". Puis on déroule les 14 titres et on s'aperçoit que ses inspirations sont bien plus étendues. Django Reinhardt bien sûr, en première ligne, pour sa façon si particulière de caresser les cordes, mais plus étonnamment la "nouvelle scène française" qui est présente partout sur l'album. On retrouve les intonations d'Albin de la Simone ou de Matthieu Chédid (et comme un bonheur n'arrive jamais seul, celui-ci offre ses arrangements et sa guitare fender à quelques titres). Les violons ne sont pas en reste, ni la bossa chaloupée à la brésilienne que n'aurait pas reniée Henri Salvador et qui  met en scène... Cristiana Reali.

Je crois que je n'ai pas fini de passer en boucle "J'aime plus Paris", criant de vérité, ou encore "J'suis pas d'ici" pour leurs rythmiques et leur "petit son sanseverinien" qui transforment instantanément  les mornes trajets sur autoroute en moments de fête. Une très belle réalisation tout en douceur, mélodieuse et entraînante, à savourer sans aucune modération.

Thomas Dutronc, Comme un manouche sans guitare, Universal. 16,80 € en prix découverte à la Fnac.